04/26/2018
« Je nâavais rien prĂ©vu, rien imaginĂ©, mais câest arrivĂ©. Bien sĂ»r, jâavais des rĂȘves. Jâen ai toujours. Mais le propre du rĂȘve, câest souvent dâen rester un. Je suis nĂ©e au . Jây suis restĂ©e jusquâĂ mon adolescence. En arrivant en , avec ma famille, jâai dĂ©couvert deux choses : le froid, dâabord. Les doutes, ensuite. Il a fallu ĂȘtre forte. JâĂ©tais lâune des seules noires de mon village. Jâavais un accent. Cette Ă©tape de mâa endurcie. Jâallais devoir me battre deux fois plus que les autres. Câest aussi grĂące Ă cela que je suis celle que je suis aujourdâhui. Câest peut-ĂȘtre aussi ces barriĂšres et ces difficultĂ©s qui ont donnĂ© une certaine force Ă mes rĂȘves. Il « fallait » que jây arrive. Au lycĂ©e, jâai longtemps Ă©tĂ© perdue, dĂ©sorientĂ©e. Jâavais besoin dâĂȘtre cadrĂ©e tout en dĂ©testant que lâon me donne des ordres. Pour subvenir Ă mes besoins, jâenchaĂźnais les petits boulots. Jâai coiffĂ© des amies. GardĂ© des enfants. CoiffĂ© les enfants de mes tantes. Je pense que je doutais beaucoup. Jâaurais aimĂ© avoir un guide, un coup de main, mais je nâen ai pas eu. Et puis, les choses sont arrivĂ©es par hasard. Jâai rencontrĂ© une Ă©quipe de tournage en soirĂ©e. Jâai remplacĂ© une actrice au pied levĂ©. Le public mâa apprĂ©ciĂ©e. Câest lĂ que jâai compris que jâavais trouvĂ© ma voie. Pour la premiĂšre fois, je vibrais en faisant quelque chose. Comme une . Jâai alors tout investi dans un projet de web-sĂ©rie. Le web me rend . Et mon public me le rend bien. Je rencontre des gens formidables. Aujourdâhui, jâamorce un nouveau chapitre en recherchant un diffuseur pour ma sĂ©rie. Ce nâest pas Ă©vident, car je suis toujours entre deux mondes. Plus vraiment au Cameroun, mais trop colorĂ©e pour les productions françaises. Mais je me rends compte chaque jour de la chance que jâai de pouvoir vivre de mes productions. Ma , câest de ne jamais avoir oubliĂ© dâoĂč je viens ni qui je suis. »
merci Ă