10/10/2026
Le message de piero à sa maman
Maman, pardonne mon absence !
Aujourd’hui, Kinshasa te conduit vers ta dernière demeure, et moi, ton fils, je suis loin de toi, loin de cette terre qui nous a vus partager tant de jours, loin de tes mains, de ta voix, de ton regard, loin de la maison où ton souvenir restera désormais.
Jeanne Kamuena Kapinga, maman,
Aujourd’hui, ton cercueil avance vers le silence, et mon cœur, lui, traverse les frontières. Je voudrais être là, marcher derrière toi, porter une dernière fois ton nom dans mes bras, mais l’exil m’a condamné à te dire adieu de loin.
Maman, pardonne à ton fils son absence. Ce n’est pas l’amour qui m’a éloigné de toi, ce n’est pas l’oubli qui m’a retenu loin de Kinshasa. C’est la distance, c’est l’exil, c’est cette vie qui m’a placé loin de la terre où tu reposes aujourd’hui.
Pendant que les tiens t’accompagnent, moi, quelque part en Belgique, je regarde le ciel avec les yeux remplis de larmes. Et je me demande : Comment peut-on dire adieu à sa mère Sans pouvoir entendre une dernière fois sa voix ?
Aujourd’hui, maman, Kinshasa devient le témoin de notre séparation. La terre congolaise que tu as aimée Va désormais garder ton corps. Mais aucune terre ne pourra enfermer ton amour.
Tu m’as donné la vie, Tu m’as appris à tenir debout, À affronter les tempêtes, À garder l’espoir lorsque les chemins deviennent difficiles.
Et aujourd’hui, C’est ton fils qui doit apprendre à vivre Avec le poids immense de ton absence.
Maman Jeanne,
Je n’ai pas pu déposer une rose sur ton cercueil, Je n’ai pas pu embrasser ton front une dernière fois, Je n’ai pas pu marcher à tes côtés jusqu’au cimetière. Mais je t’envoie mes larmes, Je t’envoie mes prières, Je t’envoie tout l’amour d’un fils que même l’exil n’a jamais séparé de sa mère.
Si mes pas sont en Belgique, Mon cœur, lui, est aujourd’hui à Kinshasa. Il est auprès de toi. Il est auprès de ceux qui te pleurent. Il est auprès de ta tombe.
Et lorsque la terre se refermera sur toi, Qu’elle ne referme jamais nos souvenirs.
Car tu vivras encore Dans chaque parole que je prononcerai, Dans chaque souvenir que je raconterai, Dans chaque larme versée en ton nom, Dans chaque prière que j’adresserai à Dieu.
Jeanne Kamuena Kapinga, ma mère, Aujourd’hui je ne peux pas te conduire, Mais je peux te rendre hommage. Je ne peux pas te serrer dans mes bras, Mais je peux t’aimer encore. Je ne peux pas être à Kinshasa, Mais mon âme est auprès de toi.
Va en paix, maman.
Que Dieu t'accueille dans Sa lumière, Qu’Il pardonne tes fautes, Qu’Il récompense tes sacrifices, Et qu’Il accorde à ton fils, à ta famille La force de supporter ton départ.
Dors en paix, Jeanne Kamuena Kapinga.
Ton fils est loin, Mais son cœur est à tes côtés.
Aujourd’hui, devant l’impossibilité de te dire adieu de vive voix, Je te le murmure à travers ces mots :
Adieu, maman.
Adieu, Jeanne.
Merci pour la vie.
Merci pour l’amour.
Merci pour tout ce que tu as été pour moi.
Ton fils, Claude Pero Luwara, depuis l’exil, en Belgique, le cœur tourné vers Kinshasa.